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Bonne année, bonne santé, du bonheur pour toute l’année ! Voilà le meilleur slogan pendant tout ce mois ! Et des vœux du maire jusqu'aux vœux de l'école, de la paroisse, du club de sport etc., pas sûr que la galette vous laisse en bonne forme !  Mais il ne faut pas se priver car c'est pour la bonne cause à deux mois des municipales. Un seul mot d'ordre, faites-en un maximum.

Nicolas et son équipe se sont partagé les rôles. Et à lui seul, notre ami a déjà assisté à cinq galettes et il en a encore deux à honorer de sa présence. Et comme il est malin, notre petit Nicolas, il a mis au point un petit stratagème. Lorsqu'un chanceux qui a failli se casser une dent sur la fève la repose sur le buffet, puisque on n'est pas tous collectionneurs, il s’en empare discrètement et toc, fait mine de découvrir qu'il a trouvé la fève. Et cela lui donne le droit de choisir sa reine, qu'il a déjà repérée dans l'assemblée. Ainsi tous les deux couronnés et pris en photo, il va pouvoir papoter un peu avec elle et son mari de choses un peu plus intéressantes et très intéressées que la recette de la frangipane. Mais de fève en fève, les jours passent bien vite. L'équipe de « Avec vous pour Chavenay » est maintenant presque au complet. Il faudra encore quelques négociations pour que chacun soit à la bonne place, surtout avec la parité panachée, un homme, une femme, qui complique toujours un peu la chose.

Il faut penser maintenant à faire connaître et apprécier cette liste. Et pour cela un rendez-vous a été pris avec un photographe professionnel. Il y en a deux sur la commune. La difficulté c'est de réunir tout le monde et de trouver un lieu emblématique et un cadre agréable. Chavenay a la chance d'avoir un beau patrimoine, ce fut assez aisé de choisir. Au centre, s'étend un petit parc bien entretenu qui abrite une vieille tour emblématique, vestige d'une ancienne demeure seigneuriale. C’est un cadre connu et bien identifiable, très prisé des nouveaux mariés. Beaucoup plus ardu de réunir tout le monde mais enfin la date a pu être fixée. Et le dimanche matin à 9h il pleut bouteille, comme on dit là-bas et à 12h, pareil et à 15h00, pareil. Mais comme chacun sait que « patience et longueur de temps font mieux que force ni que rage », surtout quand on n'y peut rien, il a fallu repousser au dimanche suivant. Là, pas de pluie, pas de soleil non plus mais une frileuse luminosité qui convient au photographe. Le reste, c'est-à-dire faire presque penser qu'il fait beau, c'est le travail de retouche de celui-ci. Pas facile non plus de faire comprendre à tous les colistiers de venir un peu endimanché, mais pas trop, chic mais pas guindé ; pas trop de noir, pas trop de flashy ; quelques cravates mais pas trop, pas de coiffures bizarres, un peu maquillée pour les dames mais pas trop ; pas de chapeau, pas de bonnet ni d’écharpe. Ouf, tout le monde est bien présentable. Reste cependant l'épineux problème du placement ; les petits devant, les grands derrières, c'était la règle pour l'école primaire, elle ne s'applique pas dans cette circonstance. L’important étant d'arriver à voir tout le monde et à donner une impression d’ensemble harmonieuse. Finalement, et comme à chaque fois dans de telles circonstances, c'est le photographe au bord de la crise de nerfs qui a pris les choses en main, au nom d'une certaine habitude et d'un œil extérieur. Cheese, ouistiti, et ouf ça y est, c'est dans la boîte. Et figurez-vous que Nicolas a vu les premières épreuves et que c'est pas mal du tout.

Dans quelques jours, la tête de liste et ses futurs adjoints se rendront à l’atelier de photos pour faire des portraits individuels ; pas toujours facile non plus comme exercice, mais cela ne nous concerne plus.

 Et cette semaine plusieurs réunions sont au programme en petit ou moyen comité pour élaborer un tract de présentation. Il faut d'abord placer la photo du tête de liste, afin de laisser la surprise de la liste complète pour un peu plus tard, et là encore, exercice difficile. On aimerait pouvoir tout dire et tout exposer du beau programme mais sur un demi A4 avec la photo du candidat tête de liste, il faut faire une sacrée synthèse et aller à l'essentiel ; en dire un peu, mais pas trop donc : la sécurité, le mieux vivre-ensemble, la redynamisation du centre-ville, le désendettement, le respect des personnes mais aussi le bien de la collectivité. On se réunit à 18 heures pensant pouvoir faire bref. À 21heures on appelle Allo pizza. Et la discussion continue, tout en s’engouffrant sur un coin de table des parts de pizza. Incroyable comme on a faim et soif dans ces moments-là ; à 1h du matin on y est presque et on décide que la touche finale sera pour le lendemain mais en comité cette fois-ci très restreint.

Chers colistiers « Avec vous pour Chavenay », sachez que vous n'avez pas perdu votre temps ce soir, car tout ce qui a été dit et fait servira pour la rédaction de votre profession de foi d'ici très peu de temps. C’est pour cette raison que tout a été noté. Le déblaiement des idées et des mots que vous avez effectué ce soir c'est une étape que vous avez franchie pour plus tard.

 Et pendant ce temps-là, beaucoup plus au calme dans sa campagne normande, Jean-Pierre est chez Bertrand le maire de Berrilly. Le village a été quelque peu malmené par des vents inhabituels ces derniers temps et il a fallu s'entraider pour déblayer chez les uns et chez les autres les branches tombées au sol ici, renforcer le toit d'un hangar agricole chez un autre, héberger les bêtes d'un éleveur chez un voisin moins inondé… Jean-Pierre a tout naturellement pris les commandes de ces équipes de bénévoles et a su se faire apprécier par sa gentillesse et son sens des réalités, lui qui vient quand même ne l'oublions pas de la ville ! Et de son côté, Jean-Pierre a touché du doigt la profonde amitié et solidarité des habitants de ce village, dès qu’un des leurs est dans le besoin. Cela lui a fait chaud au cœur de voir que le chacun pour soi n'est pas ici le maître mot. Ce soir, il réfléchit avec Bertrand pour finaliser une lettre que ce dernier veut envoyer aux habitants, retraçant ses années de maire, ce qu'il a pu réaliser, ses regrets parfois aussi et ses vœux de voir le village entre de bonnes mains pour les six années à venir exprimant ainsi sa conviction que Jean-Pierre est l'homme de la situation. C’est aussi une sorte de profession de foi et c’est aussi très difficile.

D'autant que de cette lettre dépendra en partie l'élection de Jean-Pierre. En effet et comme il le redoutait, un autre candidat s'est déclaré. Avec comme programme de faire entrer Berrilly dans l'ère moderne, en triplant la surface de terrain rendu constructible pour attirer plus d’habitants, pour pouvoir mener à bien quelques projets mégalomanes comme un agrandissement de la salle des fêtes, la construction d'un gymnase, la venue de la fibre pour tous…

 Ce soir donc le père et le fils réalisent que la politique, même communale, c'est aussi d'avoir un stylo et une feuille de papier et de mettre en ordre ses idées avant de les exprimer avec de jolis mots choisis et de belles tournures pour qu'ils se lisent facilement et soient compris par tous.

 Cette nuit, gageons qu'ils rêveront de leur classe de l’école élémentaire et de la maîtresse écrivant au grand tableau noir :

 Rédaction : «  Racontez ce que vous aimeriez faire quand vous serez grands ».

 Beaux rêves Jean-Pierre et Nicolas…