Posté le 16 novembre 2018

Crise chez les maires. Qui les remplacera ?

amf

Selon une étude du Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof) auprès des 35 357 maires du pays, la moitié d’entre eux ne souhaite pas se représenter en 2020. En 2014, lors des dernières élections municipales, 60 % des maires sortants ont été réélus. Parmi les raisons, les maires invoquent les difficultés à satisfaire les demandes des administrés, le manque de moyens, le sentiment d’être inutile…

À la question de savoir si les maires ont d’ores-et-déjà pris une décision vis-à-vis du renouvellement de leur candidature, un maire sur deux (50 %) indique vouloir abandonner son mandat de maire. Cette proportion atteint 55 % pour les maires des communes de moins de 500 habitants contre 28 % pour les communes de 5 à 10 000 habitants et 9 % pour les communes de plus de 30 000 habitants.

Plus le maire d’une petite commune est âgé, plus le souhait de ne pas se représenter augmente. Mais la taille de la commune n’explique pas tout. Par exemple, les maires de plus de 70 ans sont près de 70 % à vouloir passer la main en 2020 contre 38 % des maires de moins de 57 ans dans les mêmes petites communes (moins de 500 hab.). Quoi qu’il en soit, pour l’ensemble des maires de communes de plus de 10 000 habitants, et quel que soit l’âge, la proportion moyenne d’abandons exprimés passe sous le seuil moyen de 49 % pour s’établir à 17 %. […]

Au 1er janvier 2018, 35 294 communes étaient regroupées dans 1 263 ensembles intercommunaux. Mouvement engagé depuis 1999 et accéléré par l’application de la réforme des collectivités territoriales de décembre 2010, le regroupement intercommunal suscite un grand nombre d’interrogations chez les maires qui s’inquiètent de la réduction de leur marge de manœuvre et de leur capacité d’action. En particulier, plusieurs d’entre eux font part d’un sentiment de «dépossession» politique et administrative. C’est le cas, par exemple, de ce maire d’une commune de moins de 1 500 habitants dans l’Eure qui déclare, à l’instar d’autres élus, que « les communes perdent de plus en plusde compétences au profit des intercommunalités, ce qui va nous laisser dans un rôle de figurant sans pouvoir ».

La France jacobine donne l’impression aux maires d’être dépossédés de leurs fonctions. Les maires perçoivent de plus en plus une décentralisation fonctionnelle qui les conduit à devenir des exécutants, des agents de mise en œuvre de politiques définies au plan national.

Les tensions actuelles entre l’exécutif national et les collectivités territoriales font écho aux traumatismes vécus par plusieurs maires en matière de recentralisation financière mais aussi en termes d’effets de réformes précédemment adoptées ou d’annonces autour de la suppression de la taxe d’habitation.

En matière de réformes institutionnelles, la réorganisation des services déconcentrés de l’État est vécue de manière négative par 68 % des maires, ce chiffre étant plus faible pour les communes de plus de 10 000 habitants. Dans la même perspective, les effets de la loi NOTRe sont encore jugés plus sévèrement par les maires puisque 75 % d’entre eux (chiffre constant quelle que soit la strate de population) considèrent qu’elle a eu des effets négatifs sur leur mandat.

En matière de finances locales, la diminution constatée depuis plusieurs années des transferts financiers de l’État vers les communes conduit aujourd’hui les maires à y remédier en privilégiant soit le report d’investissement (46 %), soit la réduction des services publics rendus (17 %) ou l’augmentation des impôts (13 %).

C’est dans ce contexte de crise qu’Emmanuel Macron ne se rendra pas au Congrès des maires de France le 22 novembre pour préférer s’exprimer la veille confortablement depuis l’Elysée devant le bureau de l’AMF. Ce qui devrait lui permettre d’éviter de se faire siffler. Alors que le chef de l’Etat avait promis l’an dernier de venir chaque année «rendre compte des engagements» du gouvernement devant le Congrès de l’Association des Maires de France, c’est le Premier ministre Edouard Philippe qui affrontera la colère. Lors de l’édition 2017, une partie des maires avait hué et sifflé Emmanuel Macron à son arrivée. Ce dernier avait alors lancé en défi :

«Je m’engage à une chose, si vous l’acceptez, c’est venir chaque année rendre compte des engagements que je viens de prendre parce que c’est cela l’esprit de responsabilité dans la République».

Nous savons donc qu’Emmanuel Macron est un irresponsable.

Mais puisque la moitié des maires des petites communes ne souhaite pas se représenter, ne laissons pas la place vide et reprenons en main nos territoires. Nous vous proposons de rejoindre les Elus Catholiques dans la Cité. Ce n’est pas un parti politique, mais une association organisée en un maillage de réseaux d’amitié militante catholique au service du Bien commun. Cette association a pour but d’aider ces catholiques engagés dans l’action municipale, d’une part à promouvoir leurs convictions, d’autre part à mettre en œuvre dans l’exercice de leurs fonctions municipales des mesures conformes (le plus souvent implicitement) à l’ordre voulu par Dieu dans la société. Sa démarche vise avant tout à mettre en rapport les nouveaux élus avec des personnes expérimentées pouvant leur faire partager leur savoir, leur expérience, leurs idées. Elus catholiques dans la Cité travaille de façon décentralisée au moyen de réseaux régionaux.

Cette œuvre s’adresse en priorité aux élus municipaux (commune et communauté de communes) et aux membres des associations qui ont un lien fonctionnel affirmé avec les diverses collectivités territoriales.