Quelle était votre situation personnelle lors de votre accès à des fonctions municipales ?

27 ans, marié, père de 2 enfants je suis arrivé dans une ville de 15 000 habitants (3ème ville d’une métropole) suite à une mutation mi-2013. Le désir de m’investir en politique me tentait depuis 2 ou 3 ans mais sans savoir comment m’y prendre n’ayant aucune connaissance ou proche dans le milieu.

Quel était le contexte politique local ?

Ville communiste depuis presque un siècle, 5 listes de gauches s’affrontaient dont le maire (sénatrice), communiste sortant, allié avec le PS, se présentait pour un 5ème mandat.

Une liste alternative de droite soutenue par l’UMP cherchait à se monter.

Quels ont été vos premières démarches pour devenir conseiller municipal ?

A la vue de l’état de la ville et de l’image qu’elle reflétait sur l’agglo, j’espérais pouvoir faire quelque chose.

L’occasion se présenta par un ami de la paroisse qui venait de rencontrer le candidat UMP qui faisait du porte-à-porte. Celui-ci (père de 2 enfants) présentait un projet de gestion de la ville en « bon père de famille » et n’avait que très peu de candidats à présenter (7 encartés UDI+UMP sur la ville).

Il cherchait donc des citoyens de bonne volonté et de bon sens de différents horizons professionnels pour monter une liste de 33 noms avec la nouveauté de la parité H/F.

Nous acceptâmes un peu sur la réserve en refusant les premières places qu’il tenait à nous donner, car nous ne voulions pas être dans l’opposition en cas d’échec et avoir des contraintes au détriment de nos familles (cf. idées reçues !).

Résultat, nous avons eu 4 sièges d’opposition sur 33 et pas de siège au conseil communautaire de l’agglo.

Cinquième sur la liste, j’intégrais le Conseil Municipal 3 mois après suite à la démission de la tête de liste mutée pour raison professionnelle.

Aviez vous une expérience particulière en la matière ?

Aucune en politique, mais en tant que technicien supérieur en travaux, maintenance et gestion d’infrastructure (génie civil & BTP), je contribuais à la diversification de son équipe (gendarme, infirmier, professeurs d’école et de musique, mère de famille, responsable d’association, commerçant, artisan, chef d’entreprise…).

Avez-vous mené une campagne électorale, et si oui, de quel type ?

Celle-ci (Municipales 2014) avec pour principal travail de trouver les 33 noms pour monter la liste, ce qui a pris le plus de temps.

Depuis, la campagne des départementales de 2015 sur le canton (~30 000 habitants) pour le binôme UMP-UDI du maire voisin et de ma colistière (dont ma femme est la suppléante).

Quelle en a été l'issue ?

Municipales 2014 : 4 sièges d’opposition ;

Départementales 2015 : remportées face au binôme communiste sortant

Quelles sont vos fonctions exactes, quel rôle jouez-vous, quelle influence exercez-vous ?

Fonction : Représentant de « l’opposition » en commissions voirie, bâtiment, espace vert et régie eau jusqu’en 2018 (transfert compétence eau à la Métropole pour 2018).

Rôle : Possibilité en commissions de faire passer des idées pratiques, concrètes voire techniques (sur lesquelles on se retrouve avec les jeunes élus de tout bord), ainsi que de comprendre et suivre les affectations de marchés aux entreprises,…, ces thèmes étant en correspondance avec mon cœur de métier.

Influence : Influencer en lançant des idées et recommandant des entreprises ou des personnes compétentes dans le but d’obtenir le meilleur choix pour le bien des administrés.

Et si possible occuper les places d’influence dans ces institutions territoriales.

Tisser des liens et rencontrer d’autres élus locaux de même tendance

(il existe plus de personnes qu’on ne  croit qui s’investissent pour les mêmes idées que les nôtres).

Vos impressions générales ?

Ne pas hésiter à s’engager (c’est à la portée de tous), même dans l’opposition.

Cela permet d’être au courant des choses invisibles au grand public.

C’est une rupture générationnelle sur la vision de la gestion des institutions entre :

  • les jeunes élus ~>40ans (visant le bien commun pratique)
  • les anciens > 50ans (politiciens, accrochés à leur sièges et habitudes) au sein de la majorité et de tout bord, y compris dans notre groupe (2 < 30 ans et 2 > 60 ans).

Ma vision pour une grosse ville : si on peut bénéficier d’un appui d’un parti politique ou de personnalités politiques régionales ou sortantes (ancienne tête de liste,…) connues pour passer le flambeau, il n’est pas forcément nécessaire d’être connu ou d’être au sein d’association ; il suffit aussi de s’accrocher au wagon.

Il est aussi possible de monter sa propre liste et de lancer un appel par annonce dans le journal pour recruter des gens compétents (sur CV,…) qui souhaitent s’investir (expérience d’un collègue réussi sur une ville de même taille sur la même région).

Si c'était à refaire ?

Accepter sans réserve les premières places et/ou les suppléances.